Le STOCK Act a été signé le 4 avril 2012. Ça devait être un moment historique pour la transparence à Washington. Pour la première fois, les membres du Congrès étaient explicitement interdits d’utiliser des informations non publiques pour leur trading personnel.
Plus d’une décennie plus tard, les résultats sont mitigés. Au mieux.
Qu’est-ce que le STOCK Act ?
Le STOCK Act (Stop Trading on Congressional Knowledge Act) est une loi fédérale de 2012 qui interdit aux membres du Congrès de trader des actions sur la base d’informations non publiques. Elle oblige tous les membres, leurs conjoints et les cadres supérieurs à déclarer publiquement toute transaction boursière dans les 45 jours suivant la date du trade. L’amende pour une déclaration tardive n’est que de 200 $.
Les déclarations vont soit au Clerk de la Chambre, soit au Bureau des archives publiques du Sénat, selon la chambre. Elles sont censées être accessibles au public. En pratique, elles sont publiées sous forme de PDFs ou d’images scannées, souvent avec des entrées manuscrites. Pas exactement conçu pour faciliter l’analyse.
La loi stipule également que les membres du Congrès ne sont pas exemptés des lois sur le délit d’initié. Avant 2012, il y avait une zone grise. Certains juristes argumentaient que le cadre de l’obligation fiduciaire derrière les règles du délit d’initié ne s’appliquait pas aux législateurs. Le STOCK Act a comblé cette faille.
Pourquoi le délai de 45 jours pose problème
45 jours, c’est long sur les marchés.
Un sénateur peut acheter 500 000 $ d’un titre le 1er janvier et ne pas le déclarer avant le 14 février. D’ici là, le titre a pu bouger de 20 % dans un sens ou dans l’autre. S’il a monté, le sénateur a capturé un gain avant que quiconque ne soit au courant. S’il a baissé, le public n’apprend la perte que quand c’est déjà de l’histoire ancienne.
Ce délai de divulgation est la plus grosse limitation du système. C’est aussi pourquoi les rendements simulés en copy-trade sont inférieurs aux rendements réels des politiciens eux-mêmes.
Pour illustrer : Nancy Pelosi a un CAGR copy-trade sur 1 an de +23,02 % et un CAGR sur 3 ans de +41,65 %. Ce sont déjà des chiffres solides, mais ses rendements réels (en achetant à la date du trade, pas à la date de divulgation) seraient plus élevés. L’écart entre la date du trade et la date de divulgation, c’est de l’argent réel laissé sur la table pour les copy-traders.
Certains politiciens déclarent bien plus vite que la limite de 45 jours. D’autres poussent jusqu’au dernier moment. Quelques-uns ont été sanctionnés pour déclaration tardive, même si les amendes (200 $) sont dérisoires comparées aux montants des trades.
Comment fonctionne l’application de la loi (et pourquoi elle échoue)
Le STOCK Act a des dents en théorie. En pratique, les poursuites ont été limitées. Le ministère de la Justice a intenté très peu de cas contre des membres du Congrès en exercice pour violations de trading. Les poursuites les plus notables sont venues d’enquêtes séparées sur le délit d’initié, pas de l’application spécifique du STOCK Act.
Une partie du problème, c’est de prouver l’intention. Démontrer qu’un sénateur a tradé sur des informations non publiques versus avoir un bon feeling sur la direction du marché est extrêmement difficile. La frontière entre “je siège à la Commission des forces armées et j’ai acheté des actions de défense” et “j’avais des informations matérielles non publiques sur un contrat de défense” est juridiquement floue.
Les politiciens tradent-ils encore des actions ?
Oui, et beaucoup d’entre eux surperforment le marché en le faisant.
Dans notre base de 46 politiciens suivis, les 8 meilleurs par CAGR 1 an battent tous le S&P 500, d’Ashley Moody à +76,51 % à Nancy Pelosi à +23,02 %. Et ce, après le délai de divulgation.
Il y a plusieurs explications possibles, et elles ne s’excluent pas mutuellement :
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Avantage informationnel sans délit d’initié. Siéger dans des commissions expose les politiciens aux tendances, dynamiques industrielles et orientations politiques avant qu’elles ne deviennent publiques, même sans accès à des faits non publics spécifiques. C’est techniquement légal.
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Accès à de meilleurs réseaux. Les politiciens interagissent avec des PDG, des lobbyistes et des experts du secteur quotidiennement. Même sans recevoir de “tuyaux,” le flux constant d’informations crée un avantage.
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Biais de survivant. On regarde les politiciens qui ont bien tradé. Beaucoup de membres du Congrès ont des rendements médiocres ou négatifs. Shri Thanedar est à -67,69 %, David McCormick à -27,63 %. Le top 15 donne l’impression que tout le monde au Congrès est un génie du trading, mais ce n’est pas le tableau complet.
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Violations non détectées. On ne peut pas le savoir.
Ce que ça signifie pour les copy-traders
Le STOCK Act a créé les données qui rendent possible le suivi des trades au Congrès. Sans lui, aucune des déclarations publiques n’existerait. Donc en ce sens, la loi fonctionne comme outil de transparence même si elle échoue comme outil d’application.
Le délai de 45 jours signifie que vous ne tradez jamais sur la même information que les politiciens eux-mêmes. Votre approche de copy-trade doit en tenir compte. Comprendre les limites de la loi vous aide à fixer des attentes réalistes sur ce que suivre les trades de Pelosi ou de n’importe quel autre politicien peut réellement vous apporter.
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Pour le tableau complet, notre guide du trading au Congrès couvre tout, du cadre légal aux stratégies pratiques.
Questions fréquemment posées
Qu’est-ce que le STOCK Act ? Le STOCK Act (Stop Trading on Congressional Knowledge Act) est une loi de 2012 qui oblige les membres du Congrès à déclarer leurs transactions boursières dans les 45 jours et leur interdit d’utiliser des informations non publiques pour trader. L’amende pour déclaration tardive est de 200 $.
Les membres du Congrès peuvent-ils trader des actions ? Oui. Le STOCK Act n’interdit pas le trading d’actions par les politiciens. Il impose uniquement la déclaration. Plusieurs propositions pour interdire le trading au Congrès ont été introduites mais aucune n’a été adoptée.
Les politiciens surperforment-ils le marché ? Certains oui. Les données montrent que certains membres du Congrès surperforment régulièrement le S&P 500, bien que la question de savoir si cela est dû à leurs compétences, un avantage informationnel ou la chance reste débattue.